28 mars 2008
Les angéliques
Dans un presbytère à Londres, le pasteur, Carel Fisher, vit comme un reclus, n'ouvre pas le courrier, refuse toute visite. Par son attitude froide et sa personne inquiétante, il provoque autour de lui une inquiétude grandissante.
Il enferme ceux qui vivent avec lui, tissant autour d’eux un réseau de mystère: Pattie, la domestique noire qui l'aime malgré elle et partage avec lui un lourd secret ; Muriel, sa fille, qui éprouve une sourde peur face à son père; Elisabeth, sa nièce ou prétendue telle, atteinte d'une maladie énigmatique. Dans la même demeure vit le concierge Eugène Peshkov, la bonté même, et son « mauvais fils » Léo. Du dehors, Marcus, le frère du pasteur tente d'entrer au presbytère, pour savoir pourquoi Carel s’isole ainsi. En vain d'abord. Puis, petit à petit, l’énigme se lève, à l’instar de ce brouillard opaque régnant sur la ville de Londres en enfermant les personnages sur eux-mêmes, et une lueur brutale apparaît....Est-elle noire ou blanche ?
Commentaire
Roman sombre et obscur, où les personnages sont, presqu’irrésistiblement, attirés par la séduction du mal représentée dans la figure de Carel Fisher. Son aura de noirceur est telle qu’elle semble contaminer son entourage dont la bonté, la douceur ou la valeur se laissent étouffer pour ne plus laisser place qu’à la laideur et l’abjection des tendances les plus viles.
Tandis qu’un brouillard tant externe qu’interne est chargé d’imprimer une atmosphère d’inquiétude et d’opacité à cette histoire, on suit avec dépit ce roman qui traite de l’emprise du mal d’une façon totalement dépourvue de profondeur et de psychologie, l’auteur se limitant à un simple constat sans analyse
Et si l’écriture de Murdoch est belle, l’auteur me semble loin de figurer parmi les grands du XXème siècle
Iris Murdoch
Née à Dublin le 15 juillet 1919, au sein d’une famille presbytérienne du côté de son père et protestante du côté de sa mère. Iris étudie les classiques, l’histoire ancienne et la philosophie à Oxford, puis la philosophie à Cambridge.
Elle publie d’abord plusieurs essais philosophiques et la première étude en anglais sur Jean-Paul Sartre
A Oxford, en 1956, elle épouse John Bayley, professeur de littérature anglaise et romancier. Elle écrira de nombreux romans, ainsi que d’autres études et pièces de théâtre, jusqu’en 1995, date à laquelle elle commence la maladie d’Alzheimer.
Fortement influencés par Platon, Freud et Sartre, ses romans sont intenses et étranges. Elle décrit fréquemment un personnage masculin d’une puissance presque démoniaque, qui impose sa volonté aux autres personnages, et pour lequel elle est supposée avoir pris comme modèle son amant, l’écrivain Elias Canetti.
Elle meurt en 1999 âgée de 79 ans.


