1281547_4598035Saviez-vous que Joseph Conrad entrait fréquemment dans des colères noires, que James Joyce se livrait à la coprophilie d’une manière éhontée,  qu’Henry James devenait abscons par exigence de la précision langagière « La formulation de la plus simple question à une bonne  lui prenait au moins trois minutes, tant il était pointilleux sur la langue  et telle était son horreur de l’inexactitude et de l’équivoque », que  Robert Louis Stevenson aimait particulièrement la compagnie des délinquants et des criminels ?

Tout cela,  et bien d’autres anecdotes croustillantes, vous l’apprendrez dans ce livre jubilatoire où Javier Marias visite les travers et aberrations qui parsèment la vie de 37 auteurs célèbres dont il semble bien que l’art se soit fréquemment nourri aux sources les plus sombres.

Dans ces bribes de portraits véridiques mais néanmoins enrobés, l’auteur se livre au plaisir de l’anti-hagiographie teintée de tendresse et d’ironie et déploie un tel talent d’écriture qu’il mériterait assurément de figurer dans un nouveau volume de « vies écrites ».

En annexe, l’auteur, grand collectionneur de portraits d’écrivains, nous en présente quelques uns en s’essayant à un exercice d’analyse psychologique à partir de l’expression d’un visage, d’un geste, d’un vêtement, d’un de ces indices infimes où se révèle parfois l’essentiel ; exercice hautement périlleux  et improbable,  forcément partial,  et qui en dit sans doute davantage sur la sensibilité de Javier Marias que sur ces personnages eux-mêmes