14 avril 2008
La femme gauchère
Un jour une femme, sans raison, demande à son compagnon de quitter le domicile et de la laisser seule avec son jeune garçon âgé de huit ans. Elle reverra ce compagnon à plusieurs reprises, lui montrant qu’elle ne l’a pas oublié mais ne regrettant cependant pas son choix. Elle rencontrera également son éditeur pour qui elle entreprendra la traduction d’un livre et se plongera alors dans ce travail solitaire tandis que l’enfant, comme contaminé par le mur de glace qui entoure sa mère, ne vit aucune des émotions qu’une telle situation devrait provoquer chez un petit garçon de son âge
Commentaire
Ce récit m’a surtout frappée par son style simple et dépouillé, par cette langue blanche propre à Handke, une langue lucide, épurée, minérale comme tend à l’être cette femme qui recherche, non pas la liberté, mais le dépouillement de toute attache, de tout sens et de toute émotion forte.
La seule chose qui m’ait réellement touchée dans cette œuvre qui tend au vide, c’est l’extrême fragilité de cette femme perceptible derrière, et au-delà, de cette barrière de silence et de distance qu’elle s’est construite...
Peter Handke
Né en 1942 en Autriche. Il n'a pas connu son père et son enfance reste marquée par l'après-guerre à Berlin où il vécut de 1944 à 1948. Au début des années '60 il entame des études de Droit tout en commençant à écrire. Lorsque son premier roman « Les Freulons » est accepté, il interrompt ses études de droit pour vivre de sa plume. Il sera d’abord influencé par le Nouveau Roman, puis entreprendra des récits d'errance et de vagabondage. Ses oeuvres suivantes poursuivent cette même réflexion existentielle lucide et sensible sur l'homme, l'art et les choses du monde. Parallèlement, il signe des scénarii de films pour le réalisateur Wim Wenders.


