09 mai 2008
L'amour, Béatrice
Quelques jours après avoir donné une conférence sur l’enfance maltraitée, Béatrice reçoit la lettre d'un inconnu qui lui écrit « Madame, je crois aux rencontres. Je crois que, dans la vie, la seule source de vraie joie se trouve dans le contact avec d'autres êtres, comme nous tous solitaires... C'est pourquoi me voici ». Pour elle, mariée à un homme possessif, colérique et autoritaire, ces quelques mots sont comme une main tendue, un espoir d’ouverture. Elle accepte un échange épistolaire avec ce Jean, à condition qu’ils s’engagent tous deux à ne pas se rencontrer. Peu à peu, elle va ouvrir son cœur et sa souffrance à cet homme qui la comprend, la soutient, la guide avec une infinie délicatesse. Blessée par la vie, Béatrice a trouvé son équilibre dans l’amour pour sa fille et l’aide aux jeunes mères qui ne peuvent garder leur enfant. Solitaire et endeuillé d’un amour perdu, Jean s’est voulu psychiatre à l’écoute des cœurs en souffrance.
Quand enfin Béatrice demande à Jean de pouvoir le rencontrer, ce dernier recule et refuse, non sans des accents de profonde douleur... Quel secret se cache-t-il dans ce refus ?
Commentaire
La correspondance de ces deux êtres dont les blessures sont devenues ouvertures et les souffrances tolérances, s’écoule en un duo sensible, qu’une langue belle et fluide transporte en douceur . Au rythme des saisons les cœurs se dévoilent petit à petit, s’écoutent intensément et se répondent avec une infinie délicatesse, cette sorte de délicatesse tout en prévenance qui ne peut naître que d’un trop d’épreuves.
Parvenus au point où les sentiments dépassent les possibilités d’un lien purement scripturaire, là où la rencontre est inévitable, là où les secrets ne peuvent plus se taire sans mensonge, viendra le temps du recul, viendra le temps du retrait...
Mais le véritable amour, c’est bien connu, déplace les montagnes ...
Cette ode à la perennité de l'Amour, simple et belle, m’a beaucoup touchée
Janine Boissard
Janine Boissard est née en 1937. Très jeune, elle a choisi de se consacrer à l'écriture et publie son premier roman, "Driss", à vingt-deux ans sousson nom de femme mariée : Janine Oriano.
En 1977, Janine Oriano reprend son nom de jeune fille pour publier sa célèbre saga "L'Esprit de famille" (six volumes en tout, de 1977 à 1984). L'évolution de la société, les chambardements dans la famille, les problèmes de couple, ceux de l'adolescence, ceux de la femme moderne face au monde du travail sont ses thèmes favoris
Décorée des Palmes Académiques pour son action auprès de la jeunesse, elle vit de sa plume depuis vingt ans


