19 mars 2008
Les braises
Ce roman dont l'action s'étale sur environ vingt-quatre heures narre la rencontre, après quarante et un ans de séparation, de deux amis d'enfance, Henri et Conrad. Tous deux se connaissaient depuis leur enfance dans une école militaire où ils sont devenus des amis inséparables jusqu'au jour où Conrad s'enfuit sans explication. Comment et surtout pourquoi ? C’est la question qui n’a cessé de tarauder Henri et l’a entrainé à dévaster sa vie et celle de ses proches.
Aujourd’hui, il veut entendre la vérité. A travers le dialogue entre les deux vieillards, qui est plutôt le monologue d’Henri, l'histoire de leur amitié révèle finalement ce qui, tenu caché, la sous-tendait ...
Commentaire
Cette sorte de huis-clos suinte d' une tension dramatique très forte, entretenue par une série de révélations et d’allusions. Aux questions multiples que lui pose son interlocuteur, Conrad n'apporte pas de réponse directe, tantôt les éludant, tantôt ne répondant que vaguement, si bien que le roman, quoique magnifiquement écrit, et dont certains passages sont franchement superbes, secrète l’impression de tourner un peu trop longuement autour du pot en ne nous distillant ses indices que tardivement, et au compte-gouttes..
Jusqu’à ce que, alors que nous sommes bien près d’être exaspérés par ces détournements, la vérité jaillisse, opérant un vaste retournement...
Sándor Márai
Sándor Márai (de son vrai nom Sándor Grosschmied de Mára) est né en 1900 à Kassa, en Hongrie . Jeune, Márai voyage à Francfort, Berlin, Paris et envisage pendant un temps d'écrire en allemand. Il se décide finalement pour sa langue maternelle, le hongrois, et s'installe à Budapest en 1928.
Sévèrement critiqué après la guerre comme étant un "auteur bourgeois" lors de l'installation du communisme, il est contraint de s'exiler en 1948.
Il vit dès lors en Californie, mais continue à écrire en hongrois. Son œuvre est publiée par les maisons d'édition hongroises en exil et rentre en Hongrie sous le manteau.
Après la mort de sa femme, Márai vit dans un isolement de plus en plus complet et se donne la mort à San Diego en 1989


