17 mars 2008
La musique d'une vie
Un vieil homme rencontré de nuit dans une gare glaciale de Sibérie raconte comment, alors qu'il allait donner son premier concert de jeune pianiste en mai 1941, la guerre mit fin subitement à son concert et à sa carrière. il doit fuir Moscou, se réfugie en Ukraine, où, acculé, il endosse les vêtements et l'identité d'un soldat mort pour se retrouver, piégé par cette fausse identité, à devoir faire la guerre et à craindre constamment d’être débusqué dans sa fraude. Au cours d’un combat, il s’échoue, blessé, dans un cimetière de neige. Là, une femme le sauve et s’occupe de lui . Enfin, de retour à Moscou il soulève à nouveau le couvercle d'un piano comme on soulève celui d'un cercueil, le cercueil de sa propre identité perdue
Commentaire
Le héros de " La musique d’une vie " est un fantôme qui, pour éviter d’être incarcéré, doit fuir sa véritable identité, puis fuir sa fausse identité. Bien que ce livre présente des passages émouvants, des morceaux fort bien écrits et ait reçu des éloges dithyrambiques, je suis restée sur ma faim. Il y a quelque chose d’inabouti, de fantomatique aussi dans ce livre, en ce sens que les personnages y manquent singulièrement de consistance. Un petit roman qui a totalement manqué à la profondeur à laquelle je m’attendais...
Andreï Makine
Né le 10 septembre 1957 à Krasnoïarsk (Sibérie). Il obtient un doctorat en lettres de l'Université d'État de Moscou après avoir rédigé une thèse sur la littérature française contemporaine. Il enseigne ensuite la philosophie à l'Institut Novgorod et collabore à la revue russe « Littérature moderne à l'étranger ».
En 1987, venu en France dans le cadre des échanges culturels entre la France et l'URSS, il décide de s’y établir. Il obtient l'asile politique et se consacre à l'écriture tout en donnant quelques cours de littérature et de culture russe à l'École normale supérieure et à Sciences Po.
Après le refus de ses premiers manuscrits par les éditeurs, il réussit à faire éditer est « La fille d'un héros de l'Union soviétique» en 1990. Il obtient en 1995 le prix Goncourt, le prix Goncourt des lycéens et le prix Médicis ex æquo pour son roman « Le Testament français »

