07 mai 2008
Primo Levi
Né le 31 juillet 1919 à Turin. Sa famille est aisée et son père étant bibliophile, il a accès très tôt aux livres et plus particulièrement aux ouvrages scientifiques de vulgarisation.
A quatorze ans que Primo Levi décide d'être chimiste, à la recherche de la clé de l'univers De 1937 à 1941, il suit les cours à l'Institut de Chimie et obtient son doctorat avec mention du jury
Parallèlement à son métier, il écrit quelques nouvelles.
L'invasion du nord de l'Italie par les Nazis marque l'éveil définitif de sa conscience politique: Entré dans la Résistance, il est arrêté le 13 décembre 1943, puis interné au camp de concentration italien de Fossoli avant d’être livré aux Allemands le 22 février 1944 et déporté à Auschwitz
Primo Levi est parmi les 96 hommes sélectionnés pour le travail; les autres sont gazés. Malade, affaibli, il doit attendre le 1er juillet 45 pour commencer le long voyage du retour et parvenir chez lui, à Turin, pour apprendre que tous les membres de sa famille ont été épargnés.
Il éprouve alors le besoin urgent de témoigner, mais son "Si c'est un homme", ne suscite que peu d'intérêt. Déçu, il reprend son métier de chimiste et il n'écrira plus avant 1961.
Encouragé par un ami, Primo Levi rédige le récit de son retour d'Auschwitz en Italie: "
A partir de 1965, il entreprend un travail pédagogique auprès des lycéens: il voyagera pendant 20 ans pour raconter ce qu'il a vécu et répondre aux questions des jeunes.
En 1975, il prend sa retraite, mais sa mère, devenue hémiplégique lui réclamera soins et présence
Homme de témoignage, Primo Levi vit douloureusement les attaques venues de la gauche lui reprochant un engagement social trop mou, et celles issues de la communauté juive n'acceptant pas ses prises de position estimées trop timides dans le conflit israélo-arabe.
Enfermé dans toutes ces contradictions, sans compter celles de la famille, il reçoit comme un cinglant soufflet à l'objectif de toute sa vie l'avènement des thèses négationnistes dans les années 80
Le 11 avril 1987, il se donne la mort en se jetant dans le vide, derrière la cage d'ascenseur, Corso Re Umberto
.
Le survivant
Depuis lors, à une heure incertaine,

Cette souffrance lui revient,
Et si, pour l'écouter, il ne trouve personne,
Dans la poitrine, le cœur lui brûle.
Il revoit le visage de ses compagnons,
Livide au point du jour,
Gris de ciment,
Voilé par le brouillard,
Couleur de mort dans les sommeils inquiets;
La nuit, ils remuent des mâchoires
Sous la lourde injonction des songes,
Et mâchent un navet inexistant.
«Arrière, hors d'ici, peuple de l'ombre,
Allez-vous-en. Je n'ai supplanté personne,
Je n'ai usurpé le pain de personne,
Nul n'est mort à ma place. Personne.
Retournez à votre brouillard.
Ce n'est pas ma faute si je vis et respire,
Si je mange et je bois, je dors et suis vêtu.»




