Bibliophagie

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24 avril 2008

La Visite de la vieille dame

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Güllen, petit village allemand ruiné, fonde ses espoirs de rétablissement sur la visite annoncée de Clara Zahanassian, une sexagénaire milliardaire, originaire de l'endroit. Mais Clara est revenue dans un but bien précis : Se venger. Elle offre cent milliards aux habitants de Güllen contre la tête d'Alfred III, son ancien amant qui, après l’avoir mise enceinte, l'avait trahie et abandonnée, reniant sa paternité avec l’appui de faux témoins, des notables de Güllen.
Rejetée et bafouée par tous, Clara dut alors s'exiler et vendre son corps pour assurer sa subsistance, mais ensuite, elle mit au point sa vengeance en épousant des hommes riches qui la gratifièrent d’une richesse qui lui servirait à s'acheter l’âme de ce village désormais honni. Tout d'abord horrifiés par la proposition de la vieille dame,, les habitants de Güllen cèdent peu à peu à la tentation de la prospérité, voulant sacrifier Alfred III en en faisant un bienfaiteur de la ville.

Commentaire

Cette pièce de théâtre cruelle, mi-tragique mi-comique, écrite avec une ironie féroce, met en scène l’un des thèmes essentiels de l’auteur : la culpabilité et la fausse justification de ceux qui, coupables, n’en veulent assumer ni le poids ni la responsabilité.

L’auteur parvient à faire grandir notre malaise au fur et à mesure que la pièce se déroule, et l’écoeurement devant tant de noirceur s’accompagne d’ irritation parce que tout est trop prévisible dans ce drame  d’une froideur sordide.

Tout, sauf ceci : Alfred III, l’ancien amant terrifié par l’issue fatale qu’il sait ne pas pouvoir éviter, finira par accepter cette injuste justice avec dignité et noblesse   

Durrenmatt est loin de figurer parmi mes auteurs et dramaturges préférés : Froid, cynique, il truffe ce drame de scènes burlesques qui gênent plus qu’elles ne mettent en relief la noirceur de l’intrigue. Et puis surtout, le dramaturge ne parvient pas à animer ses personnages ni, par conséquent,  à les pourvoir d’ d’authentiques émotions : la haine, l’indignation, la peur sont « dits »  mais jamais ressentis par les protagonistes, alors qu’il me semble que le véritable talent d’un écrivain serait de réaliser l’équation inverse...

Posté par 6billine à 20:06 - Dürrenmatt Friedrich - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Friedrich Dürrenmatt

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Né le 5 janvier 1921 dans le canton de Berne
Après un bref passage en philosophie à Zurich, il interrompt ses études et s'essaie à la dramaturgie en s'inspirant de Brecht, Kafka et de Lessing.
Après la Seconde Guerre mondiale, il écrit sa première pièce de théâtre « Les Fous de Dieu » qui provoqua un scandale.
Au cours des quelques années suivantes, il écrit des nouvelles, des romans policiers, et des pièces radiophoniques pour subsister, mais il n'a jamais renoncé à écrire des pièces de théâtre. Il perce en 1952 avec « Le Mariage de Monsieur Mississippi » où il commence à formuler son propre style théâtral, une obscurité, un monde irréel peuplé par des caractères qui, bien qu'effroyablement vrais, sont souvent déformés par la caricature.
Car c’est par le moyen de la satire et de l’exagération absurde que l’auteur a choisi de pratiquer son impitoyable critique sociale
Il s'éteint à la suite d'une crise cardiaque le 14 décembre 1990

Posté par 6billine à 20:01 - Dürrenmatt Friedrich - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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