25 août 2009
Sous l'aile du bizarre
Après de nombreuses années de séparation, Effie ainsi que l'on nomme Euphémia, retrouve sa mère Nora sur l'île déserte et venteuse où cette dernière réside.
La jeune fille espère soutirer à sa mère le secret de sa véritable origine, car Nora, mère fantasque, solitaire et toujours en mouvement, a toujours prétendu être vierge. Tandis que Nora dévoile petit à petit à Effie l'enfance qu'elle vécut auprès de son épouvantable soeur Effie, morte noyée, et de son frère Lachlan, Effie lui donne la réplique en relatant ses années à l'université de Dundee du temps où les mouvements hippies et la mentalité post soixante-huitarde triomphaient.
Alors qu'elle poursuit ses études de littérature anglaise, la jeune fille se sent fréquemment épiée par une femme habillée de rouge; tout aussi régulièrement, son chemin croise celui d'un détective privé du nom de Chick: quelles visées, quel sens ont donc ces deux personnages?
Petit à petit, le récit de Nora éclaircira une part de ces mystères, et la vérité se lèvera sur son lot d'horreurs, de souffrances certes, mais aussi de bizarreries telles qu'elles ressemblent à une impossibilité, à une fiction ou à une farce.
Commentaire
Si Kate Atkinson poursuit ici encore, comme souvent dans son oeuvre, les drames secrets qui ont eu lieu dans l'enfance de ses personnages, elle semble avoir voulu, avec ce roman, s'essayer aussi à la caricature d' une vie universitaire engouée de structuralisme et pétrie d'un snobisme déjanté. Deux ingrédients déjà difficiles à marier auxquels l'auteur ajoute encore une touche de polar, un grain de folie et quelques coïncidences hautement improbables, sinon insensées, pour notre plus grande confusion.
Comme si l'écrivaine tendait ici à faire sienne, partiellement du moins, la formule qu' Archie McCue, un des professeurs de l'université en question, énonce lorsqu'il pérore du haut de son estrade :
« Ce que,le nouveau roman nous rappelle, poursuivait Archie, c'est que les signes doivent seulement se référer à des constructions imaginaires - que peut-être est-ce tout ce à quoi ils se,réfèrent, car peut-être n'est-ce pas la tâche de la fiction que de comprendre le monde...»
Peut-être l'exercice amusera-t-il certains, mais pour d'autres, il n'apportera qu' ennui profond et déception, d'autant plus que l'écriture de Kate Atkinson, correcte mais non exceptionnelle, se laisse parcourir sans jamais retenir l'attention.
Un grand merci au team de Blog-O-Book qui m'a permis d'entreprendre cette lecture!
Kate Atkinson
Fille unique de parents commerçants en instruments médicaux, Kate Atkinson nait à York en 1951
Son premier roman, 'Behind the Scenes of the Museum' (1995) , obtient le Whitbread First Novel Award et le Whitbread Book of the Year Award
Suivent plusieurs romans, recueils de nouvelles et pièces de théâtre.
Ses romans sont un mélange détonnant de mariages, naissances, morts, d'incidents bizarres et de personnages excentriques, dans des trames tissées entre passé et présent, avec une bonne dose d'humour, de réalisme magique, de fantômes, de meurtres et de mystères, ainsi que de références littéraires à d'autres auteurs. Kate Atkinson critique la société anglaise, dissèque les âmes et les coeurs sous forme de polar, décrit les névroses familiales, les frustrations et les perversions et toutes les folies de notre époque. Petite fille, elle était une inconditionnelle de Lewis Carroll qui a inspiré son imagination débordante.


