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Dans une langue dont la beauté tient, non à son classicisme, mais à la création d’atmosphères,  avec ses petites phrases et ses répétitions  lancinantes visant à souligner ce manteau de brume qui pesa et enveloppa son enfance, Marie Sizun va traquer au fil d’un parcours des lieux et des rues jadis fréquentés par la petite fille qu’elle fut, ces moments précieux ou redoutables, ces éclats où s’entrelacent révélation et incompréhension, ces fulgurances où un regard, un malaise, un presque rien ont ouvert une brèche dans ses certitudes et ses convictions enfantines.

Dans cette démarche l’auteur entend rejeter résolument les souvenirs aisément accessibles, toutes ces évidences du passé dont nous nous pensons l’aboutissement, afin de partir à la rencontre des failles où git notre être intime et véritable, où se source notre sensibilité et d’où l’âme prend son élan.

Car nous sommes nos failles bien plus que nos édifices….

 

« Le dimanche après-midi, la mère amène ses enfants en promenade. En promenade avenue Gambetta. Il faut bien faire quelque chose de ce dimanche. Alors ils vont se promener avenue Gambetta, la mère et ses enfants. Ils marchent ensemble tous les trois,  la mère au milieu, grande, insolite. Ils marchent pour marcher. Sortir, puisqu’il fait beau. La mère tient le petit frère par la main. Quelquefois l’aînée va toute seule, un peu devant ou un peu derrière. Elle préfère. Mais de toute façon elle sait qu’ils ont l’air bizarres. »

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Maire Sizun

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Marie Sizun est née, en France, en 1940. Agrégée de lettres classiques, elle a enseigné la littérature en France puis en Allemagne et, pendant dix-sept ans, en Belgique. Mère de trois enfants, elle vit à Paris depuis 2001.   A l'âge de la retraite, elle décide d'écrire :"Le père de la petite" paraît en 2005. Suivront "La Femme de l'Allemand" qui obtient le grand prix littéraire des lectrices de Elles puis "Jeux croisés".  Elle a choisi d'écrire sous un pseudonyme qui est le nom d'un cap breton, souvenir de vacances.