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La nouvelle éponyme de ce recueil montre Monsieur Golouja , homme secret et fade,  descendu dans un petit village reculé. Comme les habitants l'interrogent sur les raisons d’un tel séjour, Monsieur Golouja déclare, pour mettre fin aux questions et  avoir la tranquillité recherchée en ce lieu perdu,  qu’il est venu ici pour se donner la mort. Dès lors, l’attitude des villageois se transforme. Elevé au rang de héros emblématique, il va bénéficier de la générosité de chacun y compris des femmes du village. Longtemps. Jusqu'à ce que les villageois, enfin sceptiques, exigent qu'ait lieu le suicide tant attendu.
La dernière nouvelle ( La Honte) montre un homme mourant sur le bord de la route que personne ne veut secourir. Amnésique, il ne comprend pas pourquoi, quand une voiture s’arrête, les visages, d’abord curieux, se détournent ensuite bien vite.. 

Parmi le défilé de ces visages surgit cependant un visage connu, en lequel il se reconnaît lui-même tel qu’il fut avant son accident : Un homme de pouvoir influent et cruel, impitoyable, qui sema le mal et la douleur autour de lui.

Saisi d’une honte suprême face à ce qu’il fut, l’homme conclut « C’est fini, me dis-je, tout est fini. Après tant d’années vécues dans le luxe et l’indifférence, je me suis enfin arrêté un instant pour jeter sur mon âme un regard lucide et honnête ; maintenant je n’ai plus qu’à partir, qu’à m’éloigner de moi-même , indifférent à mon propre être comme à une créature étrangère et sans importance »

Commentaire

Que tout mensonge soit un piège dans lequel s’embourbe et notre vie et notre mort, qu’à l’heure de notre fin, si nous n’avons pas pris garde aux autres ni n’avons pris les autres sous notre garde, nous ayons à rougir de notre vie, telles sont quelques unes des vérités essentielles que le talent de Scepanovic nous donne à vivre dans une courte fable métaphysique et dans une écriture somptueusement belle et juste.